Maître Nguyen Dan Phu

NGUYEN DAN PHU, LAO SU DAI VIET THANH LONG

Le Thanh long c’est avant tout le Maître Nguyen Dan Phu qui a fondé le style et l’Ecole Thanh Long. « Daï Viet Thanh Long » que l’on peut traduire par « l’Invincible, le Suprême Dragon Vert », était le surnom qu’on lui donnait au Vietnam. Il a conservé le nom « Thanh long » (Dragon Vert) et a baptisé ainsi son style et son Ecole. Maître Nguyen Dan Phu fut l’un des premiers à enseigner en France un art martial vietnamien emprunt de techniques chinoises.

Dès 1947, il commença à enseigner à quelques disciples un savoir épuré en self-défense principalement acquis à Hanoi et à la frontière chinoise.

Maître Dan Phu disait détenir ses techniques martiales de trois sources : deux maîtres vietnamiens (Cu Ton et Nguyen Hoa, disciple de Ba Cat, lui même disciple du Maître chinois Haï Trao – lignée Shaolin) et un maître chinois (dont le nom n’est pas connu) qui vivait juste de l’autre côté de la frontière, au sud donc. Les styles du nord de kung-fu utilisent plus les jambes et ceux du sud davantage les poings. Cette particularité se retrouvera fortement dans son Ecole puisqu’elle privilégie le travail des membres supérieurs. C’est avec ce Maître chinois qu’il apprit également le Thieu Lam (Shaolin en chinois et plus précisément Thiếu-Lâm Hồng Gia 少林洪家 qui se traduit par SHAOLIN HUNG GAR) et son Thai Cuc qui était en fait du Bagua. Maître Nguyen Dan Phu repris dans son école les techniques martiales très anciennes des 18 mouvements de base de l’école de Shaolin (Thieu Lam en vietnamien) et des 72 techniques du moine DA MO (Bodhidharma) ainsi que les formes des 8 Pakua. Toujours attentif et à la recherche de techniques efficaces, Maître Nguyen Dan Phu s’est entouré de toutes les sources d’enrichissement martial, il n’en excluait aucune, considérant que seul le travail compte.

Lorsque, grâce au Dr Chin Shing Pok, expert en Taiji chinois, et élève au sein de l’Ecole THANH LONG, Maître Dan Phu découvrit le livre de Jiang Rongqiao, il se remémora de nombreux mouvements qui étaient enfouis dans sa mémoire, mouvements qu’il intégra dans son enseignement. Il avait une haute considération de la valeur de cette pratique. Cette technique représente l’aspect interne de la pratique de l’école du Dragon Vert et se révèle en fait être une forme de l’art martial chinois Bagua Zhang. Maître Dan Phu était un vrai pratiquant toujours prêt à apprendre. Maître Phu a ainsi étudié divers styles en majorité chinois, qui ont historiquement la même origine : Shaolin (Thieu Lâm en vietnamien).

En 1991, Maître Phu, se retirant progressivement de l’enseignement depuis le début des années 90, vit notamment ses fils créer trois écoles actives de son vivant, puis une quatrième : Thanh Long Son Hai (Nguyen Dan Hung), Thanh Long Dong Haï (Nguyen Dan Binh), Thanh Long Truong Son (Nguyen Dan Viet), Thanh Long Nam Son (Nguyen Dan Minh).

Il disparut le 28 juin 1999, laissant derrière lui une œuvre dont l’héritage est revendiqué chaque jour par bon nombre de ses disciples. On dénombre à ce jour près d’une vingtaine d’écoles qui seraient issues directement ou indirectement du Thanh Long ou influencées plus ou moins fortement par le Thanh Long : Cuu Mon, Son Long, Mien Phi Long, Bach Ho, Song Long, Tam Tao Mon Phaï, Vo Long Haï, Tam Long, Dong Fang Hong Long, Cepam Dragon Vert, Chan Dien, Ho Bao Phuong Hoang, Hoa Thien Duong, Zhong Long, Sheng Zhi Qi Dao, Lan Long Yu Lin, Viet Vo Dao Boxing, Thieu Lâm Yang Paï Lao Jia, Viet Taï Gym, Wyn-Phu…

L’Ecole viet vo dao Le Crès, quant à elle, poursuit cette démarche de recherche, de remise en cause perpétuelle.

Imitant alors l’exemple de Maître Phu, elle soutient l’enthousiasme des pratiquants dans leur progression personnelle et observe, sans a priori, toutes pratiques martiales.

Maître Dan Phu disait : « rien n’est VIET VO DAO, tout est VIET VO DAO ». Le travail ne s’arrête donc jamais.

L’enseignement des arts martiaux, et incontestablement celui du Thanh long, trouve son origine en Chine et un berceau en ce haut lieu de Shaolin et s’étoffe lors des rencontres ou affrontements successifs. Par ailleurs, les arts martiaux se sont intégrés dans la culture asiatique dans un contexte philosophico-culturel, épousant plus ou moins opportunément les doctrines des temps traversés: taoisme, confucianisme, bouddhisme…