Les song đao

Les song đaodouble lame », en viet­na­mien) ou « cou­teaux papillons » (épée papillon) sont deux sabres courts (de la taille d’un avant bras envi­ron) avec une garde fine pro­té­geant la poi­gnée et un petit ergot du côté du dos de la lame. La lame n’a qu’un seul tranchant comme pour un sabre.

song đao (cou­teaux papillons)

La ver­sion moderne est pro­ba­ble­ment un mélange de hachoirs de bou­chers et de sabres d’appon­tage uti­li­sés sur les jon­ques chi­noi­ses dans les­quel­les se cachaient les des­cen­dants de 少林 Shàolín pour échapper aux per­sé­cu­tions. Leur taille les rend faci­les à cacher dans les man­ches ou les bottes et, maniés géné­ra­le­ment par paires, ils sont pré­sen­tés dans le même four­reau pour donner l’illu­sion d’une seule arme, comme la plu­part des lames dou­bles en Chine (épées dou­bles, sabres dou­bles). Les cou­teaux papillons sont simi­lai­res aux 釵 sai japo­nais.

Ce sont des armes très poly­va­len­tes car, outre l’uti­li­sa­tion de la lame comme des sabres, les song đao peu­vent pivo­ter autour de leurs ergots et se coller contre l’avant-bras pour parer plus effi­ca­ce­ment ou effec­tuer des tech­ni­ques de coudes. La garde peut également servir à frap­per à la manière d’un poing amé­ri­cain.

La longueur de la lame des couteaux papillon est approximativement celle de l’avant-bras, pour une dissimulation facile dans les manches ou dans les bottes, et une plus grande manœuvrabilité lors de la rotation ou d’une passe durant un combat rapproché.

Les couteau papillon sont le plus souvent manié par paire (voir l’explication plus bas). Dans le même esprit, ils sont le plus souvent positionnés côte à côte dans le même fourreau, de manière à pouvoir donner l’apparence d’une arme unique.

Les couteaux ont également une petite garde courbe pour protéger les mains de l’utilisateur, qui est parfois utilisée pour bloquer ou pour accrocher l’arme de l’adversaire. La garde des song dao peut aussi être utilisée comme poing américain quand une application non-mortelle de l’arme est désirée.

Habituellement, la lame des couteaux papillon est façonnée uniquement à moitié (c’est-à-dire du milieu de la lame jusqu’à son extrémité) de manière à ce que le restant de la lame soit émoussée. Cette conception a pour objectif que la partie non tranchante de la lame puisse être utilisée pour bloquer sans causer de dommages à la partie aiguisée, et de porter des attaques non-fatales.

Les Song Dao (couteaux papillons) ressemblent à s’y méprendre à de vulgaires couteaux de boucher.

Ce n’est pas faux ! C’est une arme traditionnelle qui a été utilisé par les villageois pour se défendre des brigands et envahisseurs.

Le couteau à lame large souvent pas ou mal aiguisé est une arme robuste idéal pour le combat.

On appelle les song dao aussi couteaux papillons car on utilise dans leur maniement la garde inversée des couteaux pour faire pivoter les couteaux le long des avants bras pour les utiliser en défense ou en coups de coudes.

Le maniement de cette arme est apprise en fin d’études car appréhender un combat avec ces song dao demande une forte maîtrise en combat rapproché et l’étude des autre armes pour connaitre leur comportement et possibilité afin d’aborder une approche rapprocher vu la longueur de l’arme.

Une fois maîtrisée c’est une arme redoutable et terrorisante (imaginez un gaillard venir droit sur vous avec 2 gros couteaux de boucher…tout un programme).

Historique

C’est la paire de couteaux d’appontage des bateliers de Hong Kong des célèbres jonques rouges des hakkas. Lors du passage sur les canaux des jonques fleuries, la paire de sabres a été assimilée à une paire de couteaux déjà existante : ces fameux couteaux papillon chinois avec son ergot permettaient de dénouer en force le nœud d’appontage lorsque la femme doit agir seule sans l’aide d’un homme. En cas de fuite immédiate en jonque, la largeur du couteau papillon sert à trancher la corde sans attendre de défaire le nœud.

A l’origine, les couteaux papillon (song dao) auraient été créé pour contrer le redoutable fléau à trois branches du monastère du Shaolin. En effet face à cette arme un seul sabre ne peut combattre avec succès. D’où la création d’une paire de sabres courts (san duan dao) qui permet une articulation de rotation en milieu de frappe, et également que un sabre court protège le devant et l’autre le dos (très utile face à une tri baton !).

C’est pour cela que nous retiendront appellation couteaux papillons (song dao) et non « deux » couteaux, car ils sont inséparables et originellement liés. De même , on ne peut pas dire « un » couteau papillon parce que c’est toujours en paire qu’ils sont pratiqués toujours dans l’idée d’arriver à équilibrer avec le fléau agricole à trois branches des moines du Shaolin.

Les couteaux papillons sont considéré par énormément d’artistes d’arts martiaux comme l’arme chinoise la plus polyvalente et celle présentant le meilleur compromis des caractères offensifs et défensifs ; avec bien plus de possibilités qu’une arme simple.

Comme tout l’apprentissage des armes dans l’école, avec les couteaux papillons comme pour toutes les armes utilisables, n’importe quel objet qui peut être tenu dans les mains d’un pratiquant d’arts martiaux suivra les mêmes principes de mouvement que ceux des couteaux papillon ; en effet, la pratique des couteaux papillons est simplement une extension du combat à mains nues.