Le bâton long

La pratique du bâton long

Le bâton long est la pre­mière arme ensei­gnée dans l’école de viet vo dao Le Crès.

C’est « la mère de toutes les armes ». Le bâton se retrouve dans la plu­part des styles d’arts mar­tiaux en raison de sa sim­pli­cité et de son omni­pré­sence dans les socié­tés asia­ti­ques : maté­riau de base pour la cons­truc­tion, outil des por­teurs d’eau et de mar­chan­di­ses, acces­soire reli­gieux ou d’appa­rat. Du fait de son uti­li­sa­tion très ancienne, il en existe une immense variété de tech­ni­ques et de styles au bâton long.

Le bâton long est souvent l’arme que l’on apprend en premier. La pratique de cette arme permet de se familiariser avec une arme tout en limitant les blessures.

Le bâton de base: Le bâton long en rotin

Quand on parle du bâton dans les arts martiaux vietnamien, on parle généralement du bâton long. Le bâton long est appellé « gun » en chinois et « côn » ou « roi » en vietnamien.

Le bâton long est en général en rotin, matière qui lui confère certaines propriétés. Le rotin n’est pas du bois, c’est un palmier liane qui pousse dans les pays chauds et humides comme le Vietnam. Le bâton en rotin est souple et il ne casse pas car les fibres de rotin sont organisées dans le sens de la longueur (le rotin a la même structure qu’un tronc de palmier). Le rotin contient beaucoup de silice et de lignine, il est donc aussi très dur ce qui en fait un matériaux de choix pour la pratique des armes en arts martiaux.

Le bâton long mesure généralement un peu plus de la taille du pratiquant. Comme pour tous les bâtons, cette taille peut varier en fonction des styles et des écoles. Certains enchaînements sont plus adaptés à un bâton dont la taille est celle du pratiquant qui lève le bras. D’autres enchaînements sont plus adaptés à un bâton qui est à peine plus petit que le pratiquant. On parle donc parfois de bâton long ou de bâton moyen en fonction des tailles. Dans l’école le bâton mesure un peu moins que la taille du pratiquant, les armes plus longues seront étudiées avec la lance, la hallebarde ou le tri bâton.

En Chine, le bâton long est la base des arts martiaux bouddhistes, alors que l’épée est la base des arts martiaux taoïstes. Une des raisons pour laquelle le bâton en tant qu’arme est devenue célèbre en Chine est parce qu’il était l’arme privilégiée des moines combattants. Le bâton long de pèlerin s’est transformé en moyen de défense pendant les périodes troubles. On a vu le même phénomène en France pendant le moyen âge.

Au Vietnam on différencie le bâton « côn » pour parler du bâton en tant qu’arme en général du bâton « roi ». Le mot « roi » a été inventé dans la région de Binh Dinh au Vietnam pendant la colonisation française. A l’époque les armes blanches étaient interdites et chères et le bâton est devenu une véritable arme révolutionnaire. On dit que les pratiquants de l’époque inventèrent le terme « roi » pour que les occupants ne comprennent pas qu’il s’agissait d’un bâton de combat.

Les bienfaits de la pratique du bâton long

Le bâton long est tra­di­tion­nel­le­ment associé à l’élément Terre.

La pratique du bâton long apporte de nombreux bienfaits à celui qui le pratique :

  • le bâton long renforce le corps,
  • Prépare au maniement des autres armes
  • Qualifie l’énergie de la rate, responsable de l’équilibre général de l’orga­nisme selon la méde­cine tra­di­tion­nelle chi­noise.
  • Permet l’ancrage à la terre, le centrage et la droiture tout en conservant la souplesse à l’image du bâton de rotin utilisé lors de la pratique.
  • Il permet de synchroniser les 2 hémisphères du cerveau (droit et gauche) augmentant ainsi les liaisons entre ces 2 hémisphères, responsable d’une meilleur fonctionnement global du cerveau.
  • Améliore la latéralisation de l’étudiant par le travail des 2 mains, des 2 cotés, à droite et à gauche et des 2 bouts du bâton, autant de variantes qui permettent de gagner en souplesse cérébrale et de recréer des connexion peut souvent sollicité dans notre vie moderne. Le pratiquant devient ambidextre dans sa pratique du bâton long grâce à des manipulations du bâton réalisées à droite comme à gauche.

Cours de bâton long

AAZ Santé propose des cours de bâton long hebdomadaires pour les adultes. Cette armes est apprécié des hommes comme des femmes. Chaque pratiquant trouver dans cette pratique un travail personnel sur soi.

L’apprentissage de la manipulation du bâton long permet de prendre contact avec cette arme et d’apprendre sa manipulation. Le cours est structuré de telle manière qu’un débutant peu apprendre pas par pas à manipuler une arme comme un expert.

Une fois les premiers mouvements intégrés, l’étudiant va partir à la recherche de ses sensations (travail du poids du bâton, de l’espace, longueur, aspérités de cette matière naturelle, changement de texture en fonction du temps et de l’humidité, odeur du bâton, centre de gravité…). Le fait de posséder sa propre arme permet d’approfondir sa relation avec son bâton long. En tant que matière naturelle ils sont tous uniques, aucun ne ressemblant à un autre, le travail avec son arme permet de comprendre comment le manipuler de manière efficace et esthétique.

Lorsque la pratique individuelle le permet et que les règles de sécurité sont respectées, on peu procéder à l’échange avec un partenaire pour rendre plus concret la pratique du bâton et intégrer en profondeur des notions difficiles à acquérir seul. Timing, vibration du bâton, onde de chocs, verrouillage des articulation, placement du corps, relâchement et contraction, travail du nerf, )

Cours enfants bâton long

Les cours de bâton sont ouverts aux enfants et adolescents. En effet le travail de l’arme de base permet aux élève d’acquérir les mouvements de base à la manipulation du bâton long. Le bâton long est une arme exigeante qui nécessite coordination, bonne tenu musculaire. Le travail à 2 mains avec 2 bouts sur l’arme en fait une armes complète et très intéressante à travailler.

Spécificités de l’école du bâton long

L’origine du bâton long enseigné dans l’école vient des arts martiaux vietnamiens. Il possède donc l’ensemble des codes issus des arts martiaux et son usage est avant tout guerrier. Guerrier dans le sens où les mouvements appris sont efficace et ont pu servir sur des champs de bataille ou pour défendre ses terres (pour les paysans) face à l’envahisseur. Il ne s’agit donc pas d’une pratique de bâton artistique comme on peut le voir dans certaine pratique.

Si la pratique reste gracieuse par la recherche des lignes de forces et de l’efficacité des mouvements, les formes enseignés ont pour objectif une application martiale à tout moment du bâton long. Sont donc exclus de la pratique tout mouvement non contrôlés ou le pratiquant risque de perdre son arme au moindre choc. Perdre son arme sur un champ de bataille était à l’époque synonyme de mort imminente.

Si les guerres et les batailles n’ont plus lieu d’être à l’époque actuelle, une pratique du bâton juste est enseignée afin que le cas échéant ou lors d’échanges plus concrets, le pratiquant puisse se servir de son arme efficacement et en sécurité.

Parmi les spécificités de l’école de bâton, nous retrouverons la taille du bâton long (voir ci après), sa matière qui n’est pas en bois (trop fragile et pas assez souple pour le deux par deux intensifs) (voir ci après).

Dans sa manipulation, le bâton est utilisé de façon complète, depuis une garde spécifique et simple, pour pouvoir utiliser le bâton. Les 2 bout du bâton son utilisé autant pour l’attaque que pour la défense. Un gros travail sur les glissé est proposé pour la manipulation du bâton. La recherche d’efficacité dans les frappes est une recherche permanente (relâchement, trajectoire, vitesse, synchronisation, timing, contraction, placement, lignes de forces…).

L’éthique et les valeurs martiales sont transmise à travers la pratique du bâton, par le respect de l’enseignant et des partenaire de pratique ou du lieu d’entrainement.

Le contrôle des émotions est essentiel dans la pratique du bâton qui reste une arme potentiellement dangereuse, il est donc important lors de son usage d’apprendre à contrôler les émotions pour une pratique saine et transformatrice. Tout ceci s’acquière avec la pratique et les entraînements.

Quelle longueur pour le bâton long ?

Le bâton long est appelé également bâton sourcil car sa taille est adaptée à la taille de chaque pratiquant, cela devient ainsi son arme.

On coupe le bâton en matière naturelle (rotin) à la taille du participant, plus exactement à la hauteur de son sourcil lorsque le pratiquant est pieds nus et se tient droit. Cette taille de bâton correspond parfaitement à la morphologie du pratiquant afin qu’il puisse utiliser facilement son arme avec l’ensemble de mouvements enseignés dans la pratique des bases et techniques avancées sur bâton long.

Quelle matière pour le bâton long ?

Pour la pratique martiale du bâton long, nous utilisons une matière naturelle à la fois souple et solide. La souplesse du matériau utilisé permet à l’image du viet vo dao de fléchir sans casser et sa grand solidité permet de travailler en 2 par deux de manière intensive. Cela en fait une arme de qualité et durable. Ces caractéristiques naturelles exceptionnelles font de ce matériau noble un choix idéal pour la pratique du bâton en art martiaux.

Cette matière (rotin) est utilisée systématiquement dans l’école pour le bâton long et le bâton court. Nous la retrouvons également dans la confection d’autres armes comme le tri bâton et parfois le fléau.

Voici à quoi ressemble le bâton long en rotin de Manau lorsque la coquille épineuse naturelle a été enlevée. La surface de couleur ocre avec les nœuds de croissance noirs forment les caractéristiques de ce matériau noble. Les taches d’alimentation noires des tiges sont typiques du bâton naturel.

La surface est dure comme du verre car elle contient beaucoup de silice. Cette écorce est conservée afin de garantir une meilleure durabilité du bâton. Il permet également au pratiquant de s’habituer a manipuler des armes naturelles ce qui lui permettra le cas échéant d’utiliser tout type de bâton à porter de main le cas échéant.

Le diamètre du bâton long en rotin est d’environ 30mm il peut être plus fin pour s’adapter à la morphologie des enfants.

Prendre soin de son bâton

Le bâton est une armes personnel taillé à la taille du pratiquant, à force de pratique il se crée une cohésion entre le pratiquant et son arme qui devient un outil familier. Pour les pratiquants possédant leur bâton, découvrez comment prendre soin de son bâton.

Les autres formes de bâton

Bâton en bois

On trouve des bâtons long ou pas qui sont ne sont pas fait en rotin. Le problème principal des bâtons en bois (le rotin n’est pas du bois) est qu’ils manquent généralement de souplesse et qu’il peuvent se casser facilement lors d’un choc violent, il arrive cependant de voir certains pratiquants utiliser des bâtons en bois. Le bâton en bois ne pourra être utilisé en cours à cause de sa fragilité et des risque de blessures en cas de rupture du bâton en bois.

Bâton en bambou

L’autre matériaux de base pour faire les bâtons est le bambou.

Le bâton en bambou est moins solide que le bâton en rotin et surtout il n’est pas souple et peu se couper facilement. Mais son avantage est qu’on peut le trouver très facilement, qu’il ne coûte rien à fabriquer, il suffit de couper une tige de bambou pour un faire un bâton ou une lance. Le bâton en bambou est souvent l’arme des plus pauvres, les paysans par exemple. Mais il est moins efficace que le bâton en rotin(ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas efficace!).

Comme le bâton en bois, le bâton en bambou ne pourra être utilisé en cours pour les même raison de fragilité et de dangerosité en cas de casse.

Bâton synthétique

De nos jours on trouve aussi des bâtons qui sont fait en matériaux synthétiques et qui arrivent à combiner souplesse et dureté. Ces bâtons synthétiques peuvent être aussi efficace que le rotin mais leur tarif est en général très élevé et surtout on perd le lien avec l’élément naturel et bois lié à l’arme. Cette connexion avec les matière naturelle est importante dans l’évolution du pratiquant et la pratique d’un art martial traditionnel.

Bâton de combat en métal

Historiquement, les bâtons n’étaient pas toujours réalisé à partir de plantes. On peut voir par exemple qu’en Chine certains guerriers utilisaient des « bâtons de guerre » qui étaient fait en métal ou en bois renforcé par du métal. Ici la présence du métal dénature le lien avec la connexion bois des 5 éléments mais permet de maximiser les dégâts sur un champ de bataille et d’améliorer la durabilité de son arme face à des armes tranchante comme les sabres fréquent sur les champs de bataille. Au Vietnam le combat au bâton de fer était une épreuve classique des concours pour les diplômes d’arts martiaux.

Le bâton court

On trouve aussi dans beaucoup de styles le bâton court (enseigné dans l’école), qui peut aussi être une canne de combat. Ces bâtons courts sont aussi généralement en rotin et leur maniement est différent de celui du bâton long.

Travailler le bâton dans un art martial traditionnel

Dans les arts martiaux traditionnels le bâton n’est pas travaillé pour faire du spectacle esthétique mais pour être efficace en combat et en harmonie avec celui qui le tient.

Dans les films de Hongkong ou dans les styles modernes on peut voir des acteurs faisant tournoyer leur bâton dans tous les sens très rapidement pour faire joli et esthétique mais le moindre choc sur ce type de manipulation ferait lâcher le bâton des mains.

Le bâton doit avoir en général plusieurs points de contacts avec le corps de pratiquant. On le tien presque toujours à deux mains, on peut aussi utiliser d’autres parties de son corps comme les avant bras, le ventre, les épaules etc pour assurer sa prise sur le bâton. Il ne faut pas oublier que dans un combat réel au bâton perdre son arme peut signifier mourir.

Les mouvements circulaires du bâton servent à attaquer ou à se défendre (par exemple contre un autre bâton). Pour attaquer on utilise aussi des piques avec les bouts du bâton.

Dans un art martial vietnamien le travail du bâton est un travail complet, il y a des enchaînements seul ou à plusieurs, des prises, des combats et surtout un éventail de techniques de bases et plus sophistiquées qu’il faut apprendre. Il y a aussi tout un travail de sensations. En fait pour bien travailler le bâton il faut le pratiquer régulièrement, s’entraîner, jouer avec pour que le bâton et celui qui le manipule ne forme plus qu’une seule entité.

Le bâton une arme de base

On peut dire que le bâton est une arme de base, mais que ce n’est pas parce que l’on fait du bâton que l’on peut d’un seul coup manier toutes les armes. L’apprentissage du bâton peut être un premier pas vers d’autres armes comme la lance ou la hallebarde, il peut aussi améliorer les sensations et la coordination pour le travail à mains nues.

Le travail du bâton peut aussi être en soit un art qui n’a pas de limite. Un expert au bâton pourra ne connaître que cette arme et pourtant vaincre des combattants armés de lances, sabres, hallebardes etc.