L’épée

L’épée est une des armes de base dans les arts martiaux vietnamien. La plupart des écoles traditionnelles enseignent le maniement de l’épée.

La pratique de l’épée

La pratique de l’épée vient avec l’évolution du pratiquant das l’art. Arme à lame, l’épée a une énergie vive et fluide. Précise et fine, la notion de trajectoire et de changement d’axe est importante lors de la pratique de l’épée. Son maniement nécessite de bonne base martiale afin de fluidifier son maniement.

Dans notre pratique de l’épée, les bases du maniement  de l’épée son enseigné, les différentes frappes dans tous les axes et toutes les directions ainsi que les blocage associés afin de pouvoir pratiquer ensuite deux par deux. Une forme codifié d’épée est enseigné avec différent niveau de difficulté jusqu’au tai chi de l’épée ou l’on vient associer la pratique de l’arme épée avec celle du tai chi.

La fluidité de l’épée et sa caractéristique d’une lame à double tranchant va mobiliser les poignets leur permettant de gagner en souplesse et fonctionnement.

Son manie­ment rapide et fluide met l’accent sur des frap­pes pré­ci­ses des­ti­nées à tran­cher des artè­res ou sec­tion­ner des arti­cu­la­tions. Associée à l’élément Feu, elle qua­li­fie l’énergie du cœur et active la cir­cu­la­tion san­guine.

Histoire de l’épée dans les arts martiaux

L’épée (lame droite et double tran­chant ; 劍 jiàn en chi­nois, kiếm en sino-viet­na­mien) était l’arme prin­ci­pale de tous les corps de l’armée chi­noise avant la dynas­tie 漢 Hàn (206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.), avant d’être sup­plan­tée par le sabre dans les mains des cava­liers puis des fan­tas­sins, pour fina­le­ment être réser­vée aux offi­ciers. Ce fut le point de départ de son uti­li­sa­tion comme objet d’appa­rat en paral­lèle de sa fonc­tion mar­tiale. Par la suite, les mem­bres des hautes clas­ses de la société arbo­raient une épée cor­res­pon­dant à leur rang. Elle fut entou­rée de super­sti­tion, censée appor­ter hon­neur et inté­grité au pra­ti­quant, acquit même un carac­tère sacré et fut uti­lisée dans de nom­breux rites reli­gieux notam­ment taoïs­tes.

Fabrication de l’épée

Fabriquée en bronze, en fer et fina­le­ment en acier, l’épée chi­noise a beau­coup évolué en taille et forme au cours de sa longue his­toire, sui­vant les modes et les pro­grès tech­ni­ques.

Les différentes sortes d’épées

Il a existé et il existe toujours plusieurs sortes d’épée et plusieurs styles de maniement d’épée.

Epée souple

La forme d’épée la plus connue est celle que l’on voit dans le film Tigres et Dragons. C’est une épée qui se manie avec une seule main, qui est assez légère mais qui est redoutable. La particularité de cette épée est qu’elle est « souple ». Ces épées sont trempées dans un alliage qui leur permet de vibrer de gauche à droite après un coup d’estoc manqué ou après un choc contre une autre lame. Attention, les vibrations des épées traditionnelles sont légères, pas comme celles des épées de wuchu (moderne) qui ont l’air carrément molles et inoffensives et qui sont faites en aluminium souple.

Cette forme d’épée est originaire de chine. Ces épées « souples » sont utilisées dans les styles dit « internes » ou « taoïstes » comme le Tai Chi. A l’origine, cette façon de faire des épées vient peut-être des arts martiaux du mont Wudang, puis elle se serait propagée en Chine avec les arts martiaux taoïstes.

Epée chinoise

Epée de Tai Chi en acier. L’épaisseur du métal au bout de l’épée est très réduite ce qui donne à la lame de cette épée à une certaine souplesse.

Dans les arts martiaux vietnamien on trouve aussi le même genre d’épée, mais complètement rigide. On trouve cette épée à lame rigide en Chine dans les formes d’épées qui étaient utilisées par l’armée par exemple. Cette épée qui se manipule à une main et dont la lame est rigide est l’épée de base dans les arts martiaux vietnamiens. La façon de tenir en main cette épée est légèrement différente de l’épée souple. Cependant la plupart des techniques sont identiques et on peut passer de l’une à l’autre assez facilement.

Epée vietnamienne

Epée vietnamienne à lame en fer blanc rigide (épée d’entraînement).

Epée à deux mains

Il existe d’autres formes d’épées moins connues, par exemple une lourde épée à manier à deux mains et je ne parle pas de toutes les armes « dérivées » des épées comme les épées à crochets.


Les différentes façon d’utiliser les épées:

Il ne sera présenté ici que des épées légères qui se manient à une main.

Comme dans tous les arts martiaux, la façon de manier l’épée est différente en fonction du style pratiqué. Nous pouvons cependant tracer quelques grandes lignes.

La façon de pratiquer l’épée dépend d’abord du contexte:

  • Dans le cadre d’un champ de bataille où les combattants portent une armure, on préférera les coupes et les grands mouvements puissants qui vont alourdir l’épée pour qu’elle puisse pénétrer l’armure de l’adversaire ; on trouvera aussi quelques coups d’estoc qui visent à piquer aux endroits non protégés par l’armure (les articulations par exemple).
  • Dans le cadre d’un combat sans armures, il vaut mieux privilégier la rapidité, les coups d’estocs et le ferraillage entre épées.

L’épée est une arme yin et son maniement requiert beaucoup de souplesse. Les techniques d’épée sont plus fines et plus techniques que celles du sabre.

L’épée a toujours été considérée comme une arme noble. A l’époque des guerres, c’était l’arme des officiers. Cela peut s’expliquer par son maniement technique, sa forme et surtout le prix des bonnes épées qui n’étaient pas abordable pour le commun des mortels.

Le travail de l’épée est régénérateur, quand on travaille l’épée, même avec des exercices physiquement difficiles on se sent reposé et on oublie ses problèmes.

C’est peut être pour cela que l’épée est l’arme de base des arts martiaux taoïste.