Art Martial Vietnamien

Les arts martiaux vietnamiens (ou Vo Thuat, en vietnamien) regroupent les arts martiaux créés ou pratiqués au Vietnam, et sont constitués d’une multitude de techniques de combat, de pratiques et de styles, développés au Viêt Nam au fil des siècles.

L’histoire du Vo Thuat, intimement liée à l’histoire de ce pays constamment en butte aux invasions, voit se croiser de multiples influences : chinoises, principalement, mais aussi indonésiennes, tibétaines… Le Vo Thuat a ainsi progressé par échanges et absorptions, enrichissant son fond traditionnel sans pour autant perdre son authenticité, ancrée dans une mentalité spécifique, une culture riche, et une histoire bien particulière. Du fait des occupations successives, il reste peu de traces de cette histoire, le Vo Thuat étant le plus souvent obligé de progresser clandestinement, et les rares archives étant détruites ou perdues. Pour les mêmes raisons, les écoles ont été, et sont toujours, nombreuses, diverses, et, jusqu’à très récemment, échappent à toute structuration.

Historique des arts martiaux vietnamiens

Les Arts Martiaux Vietnamiens sont nés depuis la nuit des temps, il y a environ 4500 ans, à travers l’Histoire du peuple vietnamien. Chaque génération, chaque dynastie a su codifier ses techniques d’auto défense au fil des guerres qui ont sévi au Viêt-Nam, notamment lors des invasions chinoises et mongols (de 111 av J.C. à 1802 après J.C). La théorie et l’art de la stratégie se sont affinés au cour du temps et ont encore enrichi les arts martiaux vietnamiens.

De 906 à 1400, l’art martial vietnamien fonde ses bases philosophiques autour du Bouddhisme, du Confucianisme, et du Taoïsme.

De 1863 à 1945, le Viêt-Nam est colonisé par les Français et la pratique des arts martiaux est interdite. Pourtant, les Maîtres continuent à enseigner dans l’ombre pour préserver leur art de guerre. Ainsi, celui-ci nous a été transmis jusqu’à nos jours.

Origines de l’art martial vietnamien

« Ajouter, modifier, assimiler, ne jamais s’assujettir »

Les arts martiaux traditionnels vietnamiens sont nés dans les campagnes et les villages. Des fouilles archéologiques (Dong Son) témoignent de l’existence, dès la préhistoire et la haute antiquité, de techniques guerrières utilisées par les anciens Vietnamiens. Cet art du combat servait aux cultivateurs et paysans de moyen de défense et de survie, à un niveau local, d’abord, et ensuite, du fait de sa situation géographique, pour lutter contre les multiples tentatives d’invasion et d’occupation de leurs belliqueux voisins : la Chine, surtout, mais aussi les Mongols par exemple, et ensuite, bien plus tard, la France, le Japon et les États-Unis enfin. C’est au cours de cette histoire, dans ce creuset particulier qu’est le Viêt Nam, que le peuple vietnamien a créé et enrichi ses propres techniques, dans un mouvement d’influences réciproques.

S’il est indéniable que les arts chinois, principalement, ont influencé la pratique martiale au Viêt Nam, et que certaines écoles vietnamiennes anciennes ou actuelles y trouvent directement leur source, le Vo Thuat ne peut être considéré comme un pâle ersatz des arts martiaux chinois. Suivant le vieil adage « Ajouter, modifier, assimiler, ne jamais s’assujettir », les maîtres vietnamiens ont nourri leur pratique des apports chinois, mais en adaptant tous ces enseignements aux us et coutumes vietnamiens. À ce sujet, il faut d’ailleurs ajouter ceci : bien que les Vietnamiens se sentent assez proches du peuple chinois, et admirent leur civilisation, ils sont toujours restés prudents, méfiants, et ont veillé à se protéger en modifiant tout ce qu’ils en ont appris. Ainsi, le système d’écriture d’ancien vietnamien était semblable en apparence à celui de la Chine, mais illisible pour un natif chinois. Les maîtres de Vo Thuat ont procédé de la même manière pour développer leur art martial, avec le souci d’en préserver la richesse, et les secrets…

Ainsi, le Vo Thuat, riche de ses influences chinoises, mais aussi indonésiennes ou tibétaines, peut se targuer d’une réelle authenticité, ancrée dans une mentalité spécifique, une culture riche, et une histoire bien particulière.

L’art martial vietnamien n’est donc pas l’oeuvre d’un seul homme, mais constitue le témoignage et l’héritage culturel de tout un peuple.

A l’heure actuelle, la pratique des arts martiaux n’est plus un moyen de guerre pour protéger sa patrie. Les Arts Martiaux vietnamiens mettent donc l’accent sur la culture du corps et de l’esprit.

Ils constituent un Art de vie qui aide à mieux s’épanouir en société, à mieux comprendre et gérer le monde qui nous entoure grâce à une bonne santé physique et à la mise en pratique de valeurs humaines qui semblent déclinées sous l’évolution moderne.